Pages d’un site internet d’avocat : lesquelles prévoir et pourquoi

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Geoffrey Leduc

Expert en création de site web pour avocats

Un avocat ne peut pas revendiquer plus de trois domaines d’activités dominantes : la règle figure à l’article 10.2 du Règlement intérieur national de la profession. Elle a une conséquence directe sur l’arborescence de votre site, et donc sur le nombre de pages à créer.

Chaque page d’un site internet d’avocat remplit en effet deux fonctions. Elle doit d’abord être trouvée sur Google pour une recherche précise, puis donner au visiteur assez d’éléments pour décider de vous contacter. Une page absente, ou qui mélange plusieurs sujets, affaiblit l’une ou l’autre.

Si vous préparez votre premier site, ou si le vôtre vous semble trop pauvre, la liste qui suit part de ces deux fonctions et des règles de communication propres à la profession.

Quelles pages prévoir sur un site internet d’avocat ?

Un site internet d’avocat repose en général sur sept types de page : l’accueil, les domaines d’intervention, les honoraires, la présentation de l’avocat, le contact, les pages légales et le blog. Certaines attirent des visiteurs depuis Google, d’autres les convainquent de prendre contact, d’autres encore répondent à une obligation légale.

Le guide de démarrage SEO de Google recommande d’utiliser dans l’adresse des pages des mots utiles aux internautes, plutôt que des identifiants aléatoires. Il conseille aussi un titre unique pour chaque page, clair et fidèle à son contenu. Une arborescence où chaque page traite un seul sujet rend ces deux règles faciles à appliquer.

Les professionnels du droit qui nous contactent décrivent le plus souvent les mêmes difficultés : un site sans trafic et trop peu de demandes de contact. Avant de retoucher les textes, vérifiez donc que chaque besoin du visiteur dispose bien de sa page.

Le tableau suivant résume le rôle de chacune :

PageRôle pour le référencementRôle pour la prise de contactÀ écrire en priorité
AccueilRecherches sur votre nom et « avocat + ville »Orienter vers le bon domaineNom, barreau, ville, domaines, coordonnées
Domaines d’interventionRecherches par domaine et par procédureMontrer que vous traitez ce problèmeSituations, déroulé, documents utiles
HonorairesRecherches sur le coûtLever l’hésitation sur le prixModes de facturation, convention
À proposRecherches sur votre nomRassurer sur votre parcoursParcours, barreau, certificats
ContactCohérence avec la fiche GooglePermettre l’échangeAdresse, téléphone, formulaire
Pages légalesAucun rôle directÉtablir la confianceMentions légales, confidentialité, médiateur
BlogQuestions précises des internautesMontrer votre pédagogieArticles reliés aux domaines

Page d’accueil : que doit-elle dire en premier ?

La page d’accueil doit dire en quelques lignes qui vous êtes, où vous exercez et pour quels problèmes on peut vous consulter. C’est en général la page que Google affiche pour une recherche sur votre nom ou sur une requête générale comme « avocat Bordeaux ».

Le Règlement intérieur national impose que toute communication de l’avocat permette de l’identifier, de le localiser et de le joindre, et qu’elle indique son barreau. Sur la page d’accueil, cela se traduit par votre nom, votre barreau et votre ville visibles dès le haut de page, puis un téléphone cliquable sur mobile.

Viennent ensuite un court résumé de vos domaines d’intervention, chacun relié à sa page, et un bouton de contact. La page d’accueil sert de carrefour : elle oriente vers les pages détaillées plutôt que de tout expliquer elle-même.

Combien de pages domaines d’intervention créer ?

Prévoyez une page par domaine d’activité dominant, soit trois au plus, puis des sous-pages pour les procédures les plus recherchées dans chacun de ces domaines. Une page dédiée à un seul domaine correspond mieux à une recherche précise qu’une page qui énumère toutes les matières du cabinet.

Le Règlement intérieur national réserve par ailleurs les termes « spécialiste » et « spécialisation » aux avocats titulaires d’un certificat de spécialisation. Sans certificat, une page s’intitule par exemple « Avocat en droit du travail à Lyon », jamais « Avocat spécialiste en droit du travail ». Les termes employés pour vos domaines dominants doivent aussi être transmis au conseil de l’Ordre.

Une page de domaine utile au visiteur décrit les situations qu’il vit, le déroulé de la procédure, les documents à rassembler et ce que l’avocat fait à chaque étape. Elle se termine par un renvoi vers la page honoraires et vers le contact.

Que faire des matières traitées occasionnellement ?

Une matière que vous traitez de temps à autre ne doit pas être présentée comme un domaine dominant. Vous pouvez l’évoquer dans votre présentation, sans lui consacrer une page qui laisserait croire à une pratique habituelle. En cas de doute sur la formulation, l’Ordre de votre barreau reste l’interlocuteur à consulter.

Comment présenter ses honoraires sur son site ?

Vous pouvez présenter vos honoraires sur votre site, à condition de donner une information sincère et de rappeler qu’ils seront fixés par une convention d’honoraires écrite. Depuis la loi du 6 août 2015, l’article 10 de la loi du 31 décembre 1971 impose cette convention, sauf urgence, force majeure ou aide juridictionnelle totale.

La page honoraires répond à une question que se pose tout futur client avant de vous appeler. Elle peut contenir :

  • les modes de facturation pratiqués, comme le forfait ou le temps passé ;
  • le prix de la première consultation, s’il est fixe ;
  • la mention hors taxes ou toutes taxes comprises pour chaque montant affiché ;
  • l’acceptation ou non de l’aide juridictionnelle ;
  • un rappel que le montant définitif figure dans la convention signée avant toute intervention.

Si vous facturez au temps passé, expliquez comment vous estimez ce temps. La Cour de justice de l’Union européenne a jugé, le 12 janvier 2023 (affaire C-395/21), qu’une clause de taux horaire sans autre précision ne répond pas à l’exigence de clarté envers un consommateur. Le Conseil national des barreaux en a tiré une invitation à la prudence dans la rédaction des conventions.

Concrètement, une fourchette d’heures pour une procédure type, ou l’engagement d’adresser des factures périodiques détaillées, rend l’information plus lisible. Ces éléments ont leur place sur la page, puis dans la convention.

Pages À propos et Contact : que faut-il pour inspirer confiance ?

La page À propos présente l’avocat et son parcours ; la page Contact réunit tous les moyens de vous joindre, sans obliger le visiteur à chercher.

Sur la page À propos, indiquez votre barreau, l’année de votre prestation de serment, vos certificats de spécialisation s’il y en a, vos diplômes et les langues de travail. Une photo professionnelle et quelques lignes sur votre manière de travailler aident le visiteur à se projeter dans un premier rendez-vous.

La page Contact regroupe l’adresse, le téléphone, l’adresse électronique, les horaires, un plan d’accès et, si vous la proposez, la prise de rendez-vous en ligne ou en visioconférence. Le formulaire reste court : nom, moyen de contact, objet de la demande. Il s’accompagne d’une information sur l’usage des données collectées, avec un lien vers la politique de confidentialité.

Ces coordonnées doivent être identiques à celles de votre fiche d’établissement Google. Une adresse ou un numéro différent d’un support à l’autre brouille l’information donnée à vos futurs clients.

Quelles pages légales sont obligatoires ?

Votre site doit comporter des mentions légales, une politique de confidentialité accessible depuis chaque page et, si vous recevez des particuliers, les coordonnées du médiateur de la consommation de la profession d’avocat. Ces pages ne visent pas le référencement, mais leur absence est sanctionnée.

Les mentions obligatoires d’un site professionnel comprennent l’identité de l’éditeur, ses coordonnées et celles de l’hébergeur. Pour une profession réglementée, s’y ajoutent le titre professionnel, les règles professionnelles applicables et l’ordre auprès duquel le professionnel est inscrit. Pour un avocat, cela signifie le titre d’avocat, le barreau et un renvoi vers le Règlement intérieur national.

La politique de confidentialité informe l’internaute de l’usage de ses données : responsable, finalités, durée de conservation, droits et possibilité de saisir la CNIL. Si le site dépose des traceurs non indispensables, comme des traceurs publicitaires, un bandeau doit permettre de les accepter ou de les refuser aussi facilement.

Enfin, tout avocat doit communiquer à son client consommateur les coordonnées du médiateur de la consommation de la profession d’avocat, notamment sur son site internet. Cette obligation s’applique depuis 2016, en vertu des articles L. 612-1 et L. 616-1 du Code de la consommation.

Comment préparer votre demande de création de site vitrine ?

Une demande de création de site se prépare avec quatre éléments : la liste des pages, la trame des textes, vos informations professionnelles et le nom de domaine. Plus ces éléments sont prêts, plus le prestataire peut chiffrer et planifier précisément.

Avant de solliciter un devis pour la création d’un site vitrine, rassemblez :

  1. l’arborescence, avec vos trois domaines dominants au plus et les sous-pages envisagées ;
  2. les textes existants ou, à défaut, quelques notes par page sur les situations de vos clients ;
  3. vos informations réglementaires : barreau, date de prestation de serment, certificats, structure d’exercice ;
  4. votre grille d’honoraires telle que vous souhaitez la présenter ;
  5. le nom de domaine souhaité, et les accès s’il existe déjà.

Le nom de domaine obéit lui aussi au Règlement intérieur national. Il doit comporter le nom de l’avocat ou du cabinet, en totalité ou en abrégé, éventuellement accompagné du mot « avocat ». Un nom générique évoquant un domaine du droit, comme « avocat-divorce-nantes.fr », est interdit.

Le blog : à prévoir dès l’arborescence

Le blog peut rester vide le jour de la mise en ligne, mais sa place doit être prévue dans le menu et dans la structure du site. Il accueille des articles qui répondent chacun à une question précise, comme le délai pour contester un licenciement ou le coût d’un divorce amiable.

Chaque article renvoie vers la page du domaine concerné, ce qui renforce cette page aux yeux de Google comme du lecteur. Un travail de référencement naturel fondé sur des articles réguliers produit ses effets dans la durée, à un rythme qui dépend de votre ville, de votre domaine et de la concurrence locale. La méthode pour rédiger un article de blog juridique obéit à ses propres règles.

Une arborescence courte, mais complète

Sept types de page suffisent à la plupart des cabinets, à condition que chacune réponde à un seul besoin du visiteur. Commencez par vos trois domaines dominants et leurs procédures : ce sont ces pages qui feront le lien entre les recherches sur Google et vos demandes de rendez-vous.

Questions fréquentes

Faut-il déclarer son site internet à l’Ordre ?

Oui. L’article 10.5 du Règlement intérieur national impose d’informer sans délai le conseil de l’Ordre de l’ouverture d’un site, ou de sa modification substantielle, et de lui communiquer les noms de domaine. Une refonte complète peut relever de la modification substantielle : dans le doute, mieux vaut la déclarer.

Quelle est la différence entre une page et un article de blog ?

Une page présente une information stable, comme un domaine d’intervention ou les honoraires, et reste accessible depuis le menu. Un article est daté, traite une question précise et se range dans le blog. Les deux se complètent lorsque l’article renvoie vers la page du domaine concerné.

Peut-on reprendre les textes de son ancien site ?

Oui, à condition qu’un même texte ne reste accessible qu’à une seule adresse. Google indique que le contenu en double n’est pas une infraction à ses règles anti-spam, mais qu’il dégrade l’expérience et gaspille les ressources d’exploration. Lors d’une refonte, chaque ancienne adresse doit donc rediriger vers la nouvelle page équivalente.

Faut-il mettre sa photo sur son site ?

Aucune règle ne l’impose. Un portrait professionnel permet toutefois au visiteur de mettre un visage sur le nom de la personne qu’il va consulter. Il trouve naturellement sa place sur la page À propos.

Faut-il une version anglaise de son site ?

Seulement si une partie de votre clientèle ne lit pas le français, par exemple en droit des étrangers ou en droit des affaires international. Une version traduite double le nombre de pages à tenir à jour. Mieux vaut traduire quelques pages soignées que l’ensemble du site de façon approximative.

Sources

Les règles, fonctionnalités et tarifs cités sont ceux en vigueur à la date de publication de cet article.

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